La neige me manque... Où est l'hiver ?

La cabane au fond du jardin, peinture à l'huile
La cabane au fond du jardin, peinture à l'huile

 

Où est l’hiver ? La neige me manque… C’est janvier, et déjà fleurissent les jonquilles ! Où sont le froid et les feux de cheminée ? Les anoraks des enfants et les chaussettes à bouclettes, les raclettes pour le givre le matin sur le pare-brise ?

 

« là dessus la nature est fidèle 

j'ai vu le jour se lever tard 

j'ai vu les guirlandes de Noël 

qui me foutent le cafard ? 

j'ai aimé avoir les mains gelées 

pour les mettre au fond de mes poches 

j'ai adoré marcher dehors 

quand tu sais que la maison est proche … »

 

Chanson « 4 saisons » Grand Corps Malade (extraits)

 

 

 

 

C’est tellement beau la neige ! Son silence et le bruit crissant sous les pieds… Et la lumière si particulière !

2011 : visite de l’exposition Monnet au Grand Palais… Splendeur et  magie des couleurs, redécouverte du maître… Un tableau déjà connu m’a prise et  électrifiée : la Pie (1869). C’est génial tout ce blanc, toute cette lumière, c’est saisissant de poésie, de vie et de chaleur ! Il faut que j’essaye, vais-je y arriver ? Moi qui aime me « vautrer » dans les couleurs, vais-je réussir à travailler la neige ?

 

 

La Pie, Claude Monnet (1869)
La Pie, Claude Monnet (1869)

Je cherche le modèle, paysage de neige. Une amie me montre ses photos de son voyage en Islande. Je choisis celle-ci « La cabane au fond du jardin ». La cabane sera ma Pie, au cas où je manquerais la neige, au moins je me réfugierais dans les rouges, la matière de ce bois et de ses lignes qui contrastent avec le sans repère de la neige, aïe aïe aïe. Plusieurs semaines de tubes blancs, appliqués et séchés sur la toile, je mets des couches au pinceau, au couteau, et j’attends, je triche un peu pour créer les dunes blanches, avec du bleu, parme, jaune mélangés au blanc… Je recule, j’évalue, je peine, c’est long de fabriquer de la neige ! Je ne sais plus si je peins ou si je sculpte ? Et puis un jour je m’arrête, je suis satisfaite, c’est fini voici mon premier tableau d’hiver… C’est beau l’hiver, le vrai hiver…

 

« C’est l’hiver sans parfum ni chants.

Dans le pré, les brins de verdure

Percent de leurs jets fléchissants

La neige étincelante et dure.

Quelques buissons gardent encor

Des feuilles jaunes et cassantes

Que le vent âpre et rude mord

Comme font les chèvres grimpantes.

Et les arbres silencieux

Que toute cette neige isole

Ont cessé de se faire entre eux

Leurs confidences bénévoles… »

 

 

Anna de Noailles, Le coeur innombrable (extraits)

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